A la découverte de mon jumeau perdu

Au cours de ma démarche personnelle en kinésiologie et à travers le récit de mes expériences, ma thérapeute a soupçonné la possibilité d’un jumeau perdu. Le test musculaire a confirmé sa présomption à l’âge fœtal. A cette époque, cette explication m’avait troublé sans me perturber particulièrement. Elle avait remarqué des similitudes « étranges » : d’abord dans mes origines (changement de nom de famille du côté paternel), puis dans mes relations amoureuses (même nom de famille entre deux partenaires qui se sont suivis dans ma vie alors qu’ils n’avaient aucune racine en commun, présence de jumeaux et prénom similaire à celui de mon grand-père puis prénom de mon ami, en lien avec mon père (équivalent français-anglais) puis rencontre de mon partenaire de vie grâce à son frère cadet etc.

Lorsque j’ai interrogé ma mère sur cette possible gémellité, elle m’a dit qu’elle avait soulevé le même problème dans le passé avec un autre thérapeute. Je me suis donc demandée si j’avais reproduit la même problématique ou si je portais tout simplement une empreinte du jumeau-gisant de ma mère.

Ca n’est qu’au début de l’année que j’ai pu vérifier dans mon corps les conséquences qu’avait eu cette parte gémellaire dans ma vie. En effet, lors d’une consultation chez un étiothérapeute (février 2015), ce dernier m’a allongé sur une table et a « mesuré » mon poul selon ses techniques et mots clés associés. Il s’est écrié avec beaucoup d’enthousiasme « ça y’est j’ai trouvé ! » – Je lui ai donc demandé quelle découverte il venait de faire et quand il m’a annoncé que j’avais perdu un jumeau dans le ventre de ma mère, je me suis effondrée en larmes sans pouvoir contrôler mon émotion. Il a ensuite pris le temps de m’expliquer les conséquences que cette perte avait eues dans ma vie – avec notamment une grande culpabilité, une dualité marquée, la recherche de cet amour fusionnel auprès de mes partenaires amoureux etc. J’ai reconnu tous les signes qu’il m’avait énuméré et lui ai dit que ce n’était pas la 1ère fois qu’on décelait ce jumeau perdu chez moi mais que je ne voyais pas comment régler les conséquences que cela avait eu dans ma vie. Cet étiothérapeute a reprogrammé mon corps en m’assurant qu’après 2/3 mois, 80% de la problématique serait réglée et qu’après 9 mois, j’en serai complètement libérée. Je lui ai répondu que j’avais très envie de le croire mais que je demeurais septique car je l’avais déjà travaillé en kinésiologie. Il m’a alors expliqué la différence entre les deux techniques et m’a demandé de lui faire confiance. Il m’a dit que si j’avais choisi une mère avec la même problématique, ce n’était pas un hasard et que ma perte se situait à 20ème semaine environ – (généralement manifestées par quelques gouttes de sang, la plupart du temps passées inaperçu par la maman).

Je suis repartie émue et plus légère de cette séance. J’en ai profité pour évoquer ma difficulté à faire le deuil de mon père, avec qui j’avais un lien très particulier. En me confiant à lui, j’ai compris par moi-même la raison pour laquelle j’avais toujours eu un lien particulier avec le royaume des morts : mon demi-jumeau expliquait tout !

Quand je suis rentrée en Equateur, je suis allée passer une semaine à Quito chez une de mes amies françaises. Cette dernière venait de commencer une thérapie en constellation familiale. Elle m’a demandé si je voulais l’accompagner à sa séance de groupe. J’avais vaguement entendu parler de cette technique, sans jamais l’avoir expérimenté. J’acceptais avec joie de l’accompagner comme spectatrice.

Arrivée sur place, à peine assise, un homme venu travailler sa relation avec sa compagne m’a choisi pour représenter sa partenaire. Je me suis prêtée au jeu, consciente du fait qu’il ne m’avait pas élue par hasard. Ensuite c’est une française qui est venue travailler sur le deuil de son grand-père. Elle a expliqué que depuis sa mort, elle sentait très souvent sa présence. Après avoir choisi dans la salle une personne pour incarner son grand-père et différents membres de sa famille, elle m’a choisi pour représenter son âme. Au fur et à mesure de la scène et des ressentis exprimés par chacun, je me suis mise à verser des larmes en souvenir de mon grand-père maternelle. J’ai réalisé qu’il avait été le 1er homme important dans ma vie à me confronter concrètement à la mort. A cet instant j’ai réalisé à quel point sa disparition m’affectait encore malgré mes croyances sur la mort – sur le fait qu’il y a seulement l’enveloppe physique qui disparait mais pas l’esprit et que nos proches veillent constamment sur nous.

Le plus incroyable de cette séance a été de découvrir que mon amie qui m’avait emmené jusqu’ici venait, elle-même, régler un problème gémellaire ! Et contre toute attente d’être choisie, c’est la thérapeute en personne qui m’a choisi pour la mettre face à la perte de son jumeau ! Nous avons pleuré l’une dans les bras de l’autre et j’ai senti, une fois de plus, à quel point la perte de mon jumeau avait pu marquer ma vie. Je suis sortie troublée et particulièrement remuée par cette séance de groupe mais je me suis raccrochée aux paroles de mon étiothérapeute : « d’ici 2/3 mois, tu seras libérée à 80% et définitivement dans 9 mois». J’ai profité de cette séance pour évoquer la découverte récente d’un fibrome intra-utérin et la spécialiste en constellation familiale m’a expliqué qu’il était lié au jumeau (une trace de mon jumeau-perdu). Tout comme l’étiothérapeute, elle m’a affirmé que c’était un garçon (de par son empreinte énergétique). Elle m’a donné des rituels à faire pour nettoyer mon corps et faire disparaitre le fibrome (bains de siège, respiration, méditations, massage à l’huile de ricin, port d’une obsidienne sur mon ventre pendant la nuit, etc.)

En rentrant dans l’Oriente, Sébastien a animé une cérémonie sous ayahuasca sollicitée par deux sœurs canadiennes. Ce voyage m’a totalement boulversé. La plante maîtresse a fait son effet très rapidement et je me suis retrouvée paralysée une bonne partie de la nuit. Mon ventre « travaillait » et j’avais l’impression que 3 entités me soignaient, sans pouvoir les identifier. J’ai retraversé les souvenirs de mon enfance à une vitesse vertigineuse : le rejet de ma sœur aînée à ma naissance, ma souffrance, j’ai revisité mes relations amicales extrêmement fusionnelles (Audrey, Vanessa, Séverine, Salima, Florence, Layticia), et sentimentales aussi (avec Carlos, que j’ai fini par voir comme un frère). J’ai réalisé que dans chacune de mes relations, j’avais besoin de nouer un lien très particulier toutefois mes amies me reprochaient souvent le fait qu’elles se confiaient entièrement à moi alors qu’elles avaient l’impression que je gardais le plus souvent mes états d’âme pour moi. Il est vrai que malgré la richesse de mes relations, j’ai toujours ressentit un vide et j’ai toujours gardé une réserve sur les tréfonds de mon âme.

Au cours de la nuit, j’ai visualisé une énorme boule noire sortir de mon ventre. Ça m’a libéré d’un énorme poids, tout en ayant l’impression d’avoir encore son empreinte marquée dans mon corps.

Après avoir fait le tour de mes souvenirs et mis au clair la plupart de mes fonctionnements à la lumière de cette gémellité, un souvenir de mon stage de rebirth (en 1998) est remonté à la surface : j’avais tiré au sort la personne à même de représenter ma mère et la jeune-femme en question était alors enceinte à ce moment… de jumeaux !!! Elle venait de perdre son frère et j’étais entrée en relation avec lui, en état de conscience modifiée. Ne connaissant pas l’existence de cet homme auparavant, bien sûr c’est mon don de passeur qui a attiré les thérapeutes quand je suis revenue à mon état de conscience pour leur expliquer mon voyage. De ce fait, je n’ai pas pu voir ni sentir cette perte gémellaire au cours de ce stage !

Aujourd’hui, toutes les pièces s’assemblent et je comprends que mon lien avec les morts me vient de ce jumeau perdu. La disparition de mon grand-père puis celle de mon père ont réactivé la souffrance liée à cette perte originelle. J’ai compris depuis longtemps que j’appartenais à la famille d’âme des passeurs mais mon jumeau m’apportait la pièce maîtresse à ma compréhension globale.

J’ai encore beaucoup pleuré cette nuit. J’ai senti tellement d’amour en regardant les membres de ma famille (mon père, ma mère, mes grands-parents, mes sœurs… Et Bianca qui a réparé la relation avec mon aînée). J’ai compris pourquoi l’étiothérapeuthe me surnommait « Ambre d’Amour » et l’origine de ma quête vers l’amour inconditionnel. La plante m’a fait un très beau cadeau, elle m’a montré mon corps plongé dans l’univers et les interconnexions les uns avec les autres. J’ai compris qu’on n’était jamais seul.

En revenant totalement à moi le lendemain matin, je me suis sentie comme neuve dans mon cœur et dans mon corps ! Je me suis commandée le livre : « le syndrome du jumeau perdu » d’A. et B. AUSTERMANN et en un clic sur mon kindle, je l’ai dévoré en 48 heures. Je me suis rendue compte que mon cas n’était pas isolée et même si chaque cas de jumeau perdu se manifeste différemment selon la sensibilité et le cadre familiale de chacun, ça m’a fait un bien fou de mettre des mots sur mes maux – ceux que je n’avais pas réussi à expliquer et dépasser jusqu’ici.

Au moment où j’écris, je ne me concentre plus sur les conséquences mélancoliques que cette perte a occasionnées au départ de ma vie mais plutôt sur les forces, les connexions spirituelles et les guides que cette âme m’a offerts.

Ce matin, je me suis inspirée de belles histoires évoquées dans le livre pour offrir un rituel à mon jumeau : je lui ai donné un prénom, j’ai planté une graine dans mon jardin et je l’ai remercié de m’avoir offert son amour et sa guidance. Je lui ai demandé de toujours veiller sur moi et de me guider sur mon chemin de vie en respectant ma liberté et mon épanouissement personnel. Je lui ai promis d’honorer cette vie terrestre en attendant de nous retrouver au moment venu.

J’en profite pour remercier particulièrement toutes les personnes qui m’ont permis de découvrir ma gémellité perdue, en mettant du sens sur mon histoire et en me donnant les clefs pour en tirer une singularité et une force spéciale.

A mon demi-jumeau, MERCI, Je t’AIME, je peux poursuivre ma vie tout à fait épanouie.

Ambre FRANRENET

Jumeau-utérin

Author: Ambre Cazaudehore Franrenet

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